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semestre: 3
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On verra aussi l'optimisme gnoséologique de Thomas d'Aquin ainsi que son fiabilisme
Sert d'histoire institutionnel et intellectuel du Moyen-Âge
Développement de la philosophie scolaire au cours du XIIe siècle
Scepticisme est un réservoir d'arguments permettant de tester la théorie de la connaissance
|> besoin de les réfuter pour montrer la possibilité de connaissances
> [!warning] Cette approche ne fonctionne pas pour tous les auteurs de cette période !
## Réception d'Aristote
Le Philosophe = Aristote
Le Commentateur = Averroès
3 étapes :
- VIe au XIe siècle -> diffusion du savoir d'Aristote dans les monastères, très théologique ; les études philosophiques passent dans le monde arabe oriental et occidental suite à la fermeture des écoles philosophiques
- XIe et XIIe siècle -> redécouverte des textes d'Aristote en Europe latine qui sont traduits à partir de l'arabe (depuis les traductions ou les commentaires) ; séparation du monastère, création d'écoles d'études (donneront naissance aux universités)
- À partir de la fin du XIIe siècle -> systématisation de l'étude d'Aristote et d'Averroès, Platon se fait remplacer par Aristote ; les écoles d'études deviennent les universités
Accès à Aristote se fait de manière progressive sur environ 150 ans au travers d'un mouvement de traduction
|> voir le diapo du cours 4 sur les traductions d'Aristote
> [!NOTE] Connaissance de Platon
> Platon n'était pas connu directement, on le connaissait depuis ses commentateurs et certaines de ses œuvres d'une manière partielle
Méthode d'enseignement commune dans les universités de l'Occident latin
|> elles reçoivent leur statut d'université au début du XVIIIe
|> naissent à partir des écoles épiscopales
|> s'organisent en faculté :
- préparatoire (faculté des arts, ~7 ans) -> quadrivium (astronomie, musique, géométrie, arithmétique) ou trivium (rhétorique, grammaire, dialectique)
- supérieur (faculté de droit, de médecine, de théologie) -> à la fin, doivent pouvoir enseigner
_Les Noces de Mercure et de Philologie_, Martianus Capella
|> manuel sur l'organisation de l'enseignement
À Paris, c'est surtout le trivium qui possède une grande importance (à Oxford, c'est quadrivium)
|> d'abord logique, puis philosophie d'Aristote
-> l'ensemble des œuvres d'Aristote arrivent au programme en 1255
|> devient donc une faculté de philosophie
7 premières années de la faculté supérieur, il écoute son maître
2 années suivantes, il commente la Bible
Après, il cherche à commenter les _Sentences_ de Pierre Lombard (manuel de théologie par excellence)
**Organisation de la philosophie au Moyen-Âge**
_Lectio_ -> lecture et commentaire
_Questio_ -> question disputé
_Summa_ (ou Somme) -> objectif théologique selon l'exercice de la _questio_
Philo est donc surtout une lecture des textes et la recherche des thèses et des problèmes
_Seconds analytiques_ -> brochure page 63 - 64
_Métaphysique_, $\Gamma$ (IV) -> brochure page 57 - 62
Aristote peut être vu comme une critique du scepticisme
|> Pyrrhonisme est vu comme une négation de notre âme rationnel à cause de l'importance du principe de non contradiction
|> construction de la puissance/de l'acte pour réfuter la contradiction dans la nature
-> fourni un certain idéal de la scientificité réalisable
## La typologie des réponses au scepticisme
Objectif est de réfuter le scepticisme
Réponses faibles de type contextualiste :
- il existe plusieurs degrés de connaissance différent
- on peut déterminer le degré d'erreur qu'on fait et sa correction
-> ne permet pas de réfuter les arguments forts
|> faillibilisme de la connaissance (cf [[2- Scepticisme probabiliste de Jean de Salisbury]])
|> ne se situe pas sur le terrain du sceptique -> refuse la radicalité du défis sceptique
-> scepticisme devient alors un détail
|> ne le résout pas car le sceptique affirme qu'il ne devrait pas y avoir de connaissance tant qu'il y a une erreur possible
Réponse forte fiabiliste
|> notre intellect produit de façon fiable des connaissances correctes quand il est dans son état normal -> un thermomètre est construit pour donner la bonne température, donc il donne la bonne réponse, mais il pourrait être cassé
|> peut garder des critères exigeants pour définir la connaissance
-> grande partie la pensée de Thomas d'Aquin
Réponse forte *a priori*
|> il existe une forme de savoir échappant au scepticisme
|> maintient une définition exigeante du savoir
-> théorie de l'illumination (Bonaventure, Henri de Gand)
-> théories fondationnalistes de la connaissance, principe *a priori* (Duns Scot)
### Thomas d'Aquin
_Le Thomisme_, « Vérité et connaissance » de Gibson
Objectif est de nous rendre capable de lire des textes de Thomas d'Aquin
Vie dédiée à la contemplation et à l'enseignement
|> chez les dominicains
|> cherche à transmettre aux autres ce qu'il a contemplé
-> parcouru le monde académique pour se former
Livres importants : _Somme théologique_ et _Somme contre les gentils_
Participe aux controverses de son temps
Théorie la connaissance est avant tout un problème métaphysique
|> quel genre de difficulté cherche-t-elle à résoudre ?
|> une théorie construite est toujours une solution à quelque chose
Connaître une chose, c'est une manière de la devenir
|> les êtres capables de connaissance peuvent se dilater pour assimiler l'être d'un autre
|> suppose l'existence d'un objet assimilant par le sujet connaissant -> est la forme
-> l'intermédiaire entre les deux est la _species_ (espèce)
|> est un substitue de la forme, on connait par l'espèce, mais on ne connait *pas* l'espèce
(Aristote)
Un sujet passe de la puissance à l'acte quand il connait
|> âme est donc vierge quand on ne connait rien
-> la connaissance est essentielle pour nous
Thomas d'Aquin -> connaissance intelligible part de la connaissance sensible
Point de départ est donc dans les sens
Théorie de la connaissance :
1. Réceptions des espèces sensibles -> via âme sensitive et *phantasia*
2. Abstraction
3. Théorie du concept
-> perspective anti-platonicienne
Chaque sens possède son sensible propre : impossible de le sentir avec un autre sens
|> existe aussi le sensible commun
Espèce sensibles sont des matières informées/configurées (pov d'Aristote)
|> ce qu'on est se trouve dans notre forme
|> forme est un état configurationnel
-> espèce livre cette information au sens
|> on ne connait donc pas l'espèce, mais par l'espèce
|> réception est immatérielle -> est dans l'âme
Pour dépasser la simple perception, besoin d'abstraire à partir des fantasmes
|> est l'agent
|> représenté comme une lumière
|> abstraction provient de l'illumination
Concept est l'intériorisation de l'abstraction via l'intellect
|> devient un mot
Nous sommes capable d'adhérer à des principes d'une manière innée
|> nous en avons besoin pour connaître
**terminologie sur le diapo**
Tout ce qui est reçu est reçu sur le mode de celui qui reçoit
|> assimilation du connaissant à la chose connue
|> forme est présente dans l'esprit, possède un être intentionnel -> est la manière dont on apprend les choses en les devenant d'une certaine manière
Question d'Adam (lors de la Genèse) touche l'esprit humain dans son fonctionnement le plus parfait
|> question théologique est en réalité une expérience de pensée
|> Adam peut-il se tromper dans cet état ? Quelle est sa responsabilité ?
-> problème ne vient pas de l'état cognitif d'Adam
|> pour certains, Adam n'est pas tombé dans la faux, mais il a possiblement fait des opinions fausses
|> Thomas est contre (besoin de corriger le texte qui en parle) : il affirme que l'esprit humain est fondamentalement fait pour la vérité et est capable de l'atteindre -> impossible de faire des conjectures (et donc d'avoir des opinions fausses)
|> la créature peut ne pas avoir tous les biens, mais cela ne veut pas dire qu'elle possède une version fausse (corruption par la fausseté) !
|> ne possède donc aucune opinion, juste des vérités
## Théorie de l'illumination de Bonaventure
Souhaite maintenir la possibilité du savoir via l'illumination
|> s'oppose à Duns Scot qui explique qu'il y a des fondements de la connaissance résistant au doute sceptique
|> ressemble à Henri de Gand (est plus complexe et plus précise)
Renouveau au XVIIIe siècle
|> devient une théorie élaborée
|> cherche à palier les théories aristotéliciennes de la connaissance
|> est vue comme un complément à Aristote
Source importante = Avicenne
|> notamment _Le Livre de l'âme_
Augustin est aussi très utilisé
Bonaventure, « Itinéraire de l'esprit vers Dieu »
|> ressemble beaucoup à Augustin
|> hérité de Platon et du néo-platonisme
Bonaventure, _Questions disputées sur le savoir du Christ_
|> conception intellectuelle sur la certitude, d'où vient-elle ?
|> les raisons éternelles (les idées des choses) sont présentes dans l'essence divine -> forme d'unité, pas de multiplicité
|> stabilité provient d'un savoir nécessaire
-> tension *a priori* entre la mutabilité du sensible et les exigences du savoir
|> théorie de l'illumination cherche à résoudre ça
|> nous obtenons la certitude grâce aux raisons éternelles des choses
|> raisons orientent fondamentalement notre connaissance
|> lumière divine collabore avec notre raison créée
-> imperfection de notre propre connaissance, besoin d'un Dieu
Les signes ne contiennent pas en eux-mêmes les significations (Augustin)
|> comment peut-on apprendre via les mots ?
|> soit l'élève ne connait pas les mots et ne peut pas apprendre, soit il les connait déjà et il n'apprend pas
|> le maître attire l'élève vers des mots qu'il connait uniquement intérieurement (via la Christ)
-> universalité des connaissances provient de cette raison commune
La théorie de l'illumination a besoin de séparer notre connaissance actuelle et notre connaissance parfaite (voir le texte page 112, qlq chose comme ça)
|> conception radicale (toute vraie connaissance est intelligible par l'intelligible) pourrait construire le scepticisme
|> ne prend pas en compte les conditions d'exercice de notre connaissance (déception par rapport à ce qu'on connait actuellement)
|> mais n'est pas une simple médiation -> simplifie trop et impossible de définir (grâce spéciale, vision sincère de nos mécanismes ne provenant plus de Dieu...)
|> besoin de voir l'illumination comme une raison éternelle divine
-> principe régulateur et moteur pour notre raison humaine
|> n'est pas une intervention directe
|> est une présence de Dieu dans la raison
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