--- tags: - sorbonne - philosophie - philosophie-générale semestre: 3 --- Quel est le rapport que le langage entretient avec l'être ? |> approche ontologiquement privilégié chez les grecs *muthos* = Domaine de l’opinion fausse, de la rumeur, du discours de circonstance par opposition au *logos* *logos* = la raison, le discours rationnel, par opposition au *muthos*, le discours irrationnel Poème de Parménide |> langage (*muthos*/*logos*) ne permet de parler que de ce qui est |> impossible de parler du non être -> impossible de penser le non être |> le langage est essentiellement tautologique : l'être est et le non être n'est pas |> pas possible de parler du faux (car le faux n'existe pas) Le nom se rapporte tjs à qlq chose qui est |> la proposition ne fonctionne pas toujours : on peut dire qlq chose de faux Les sophistes défendent que le faux n'existe pas à l'aide de cette vision de Parménide |> parole vise à obtenir le succès lors d'un débat |> besoin de pouvoir défendre des thèses qui apparaissent comme fausse -> Protagoras est le premier à faire ça |> beaucoup de présocratique disaient que leurs discours venaient des dieux -> les sophistes cassent avec cette tradition, eux ils parlent de l'opinion Protagoras et les sophistes sont les fondateurs du relativisme |> vérité et fausseté n'existe pas |> [[1- L'analytique du sensible]] Parole est donc pensée comme un outil par les sophistes Aristote attribut à Protagoras dans _Rhétorique_ |> « du plus faible argument, faire le plus fort » Les sophistes sont quand-même pertinents, car ils parlent eux-aussi de vérité |> _L'Éloge d'Hélène_, Gorgias -> explique que l'ordre/la parure du discours est la vérité |> *logos* est un tyran car il impose les choses -> il modifie les passions et les opinions |> Hélène a été la victime de ce discours *nomos*/*physis* _Cratyle_, Platon |> met en scène les deux maîtres de Platon, mais semble peu cohérent |> oppose les deux thèses : 1. thèse d'Hermogène : les noms sont par convention et par accord 2. thèse de Cratyle : le langage est une nature des choses -> thèse d'Hermogène se fait rapidement écarter |> pourtant il y a des noms corrects et des noms incorrects -> les deux thèses sont donc fausses |> construction de la doctrine platonicienne : le nom doit se fonder dans une nature des choses Platon, _Cratyle_ Nom est un instrument servant à distinguer les choses des unes des autres (487) |> le législateur ne saurait instituer les mots d'une manière purement arbitraire |> besoin de reposer sur les mots idéaux Les mots ont besoin de nous instruire, sinon ils ne pourraient pas être des mots |> certains mots peuvent être bien ou mal institué |> impossible pour un nom => réfutation d'Hermogène Platon, _République_ La véritable connaissance des choses ne dépend pas entièrement du langage |> langage marche car on a accès aux idées -> connaissance peut se faire sans le langage |> le langage est donc accidentel pour les connaissances* -> doctrine de Cratyle ne marche pas : la connaissance ne passe pas par l'étymologie |> seul celui qui l'utilise pour parler des Idées l'utilise correctement > [!info] Platon se méfie du langage > C'est un instrument inadéquat pour atteindre la connaissance véritable Le langage peut nous permettre de parler de ce qui est faux |> contredit Parménide et donc les sophistes |> quand on dit que le cheval n'est pas une vache, alors on dit que le non-être est -> il différencie les deux Les grands genres sont ce qui ordonnent le monde des Idées (comme le même, l'autre...) |> permet de comprendre l'existence du non-être |> permet de distinguer les choses -> permet de définir ce qu'est « dire le faux » |> on dit le faux quand les mots ne s'accordent pas entre eux -> le discours n'est plus tautologique, il devient hétérologique |> le langage devient un entrelacement entre des noms et des verbes => permet de réfuter les sophismes (cf _Le Sophiste_), mais tue Parménide L'humain est celui qui utilise le *logos* et qui est capable de vivre dans une cité grâce à s'accorder sur le bon et le juste |> ces deux définitions fonctionnent ensemble |> le côté politique fonctionne grâce à l'accord commun Aristote, _La Rhétorique_ On parle toujours à quelqu'un |> vision communautaire du langage |> trois éléments : - ceux dont on parle - celui qui parle - ceux qui entendent -> le *logos* est défini par rapport à qui on parle Interprétation traditionnelle disant que les signes renvoient aux états de l'âme et donc aux choses (mentalisme) |> phrase fausse ne renvoie pas à une état de l'âme, pourtant on comprend |> noms propres ne fonctionnent juste pas Interprétation de Saussure sur la différence entre signes naturelles et symboles conventionnelles |> pose moins de difficultés > [!warning] Ne permet pas de construire une théorie de la signification aristotélicienne Analyse en terme de noms et de verbes (Platon) vs. Analyse de la proposition (Aristote) |> proposition lie le sujet au prédicat > [!info] Linguistique montre que c'est Platon qui a plus raison Aristote, la vérité est ce qui unit ce qu'on dit dans le *logos* et ce qui est lié dans la réalité |> c'est parce que Socrate est habillé en blanc (réalité) que "Socrate est habillé en blanc" (*logos*) est vrai |> l'idée de vérité contient un élément appartenant au réel |> le problème du relativisme est de passer "les gens tiennent ça pour vrai" à "ça est vrai" -> le vrai dépend de ce qui est réel Métaphysique, $\Delta$, 29 |> mais, le vrai existe-t-il dans les choses en plus du langage ? |> vérité ou fausseté touche l'apparence des choses |> besoin d'une adéquation entre les choses et ce qu'elle révèle -> donc tjs besoin d'une adéquation |> une proposition fausse exprime ce qui n'est pas, i.e. elle exprime l'apparence d'une chose qui est autre |> est une réfutation des sophistes comme Gorgias affirmant qu'on ne peut pas affirmer ce qui est |> une phrase ne peut pas être à la fois vraie et fausse, sinon relativisme ! -> création du principe du tiers-exclu (Métaphysique, $\Gamma$, 7) Métaphysique, $E$, 4 |> vérité reste dans le discours Heidegger |> pour Aristote, le vrai est d'abord la manifestation des choses |> l'énoncé sera ensuite dit vrai en fonction de ce qu'il énonce |> « autant une chose à d'être, autant elle a de vérité » > [!warning] Problème de la vision d'Heidegger > Si on parle du révélé, est compliqué de distinguer vrai et faux > |> besoin de distinguer une chose qui se montre vraiment ou faussement > |> une fenêtre se montre comme une vraie fenêtre si elle se montre telle qu'elle est > -> compliqué de se séparer de l'adéquation ou de la correspondance