--- tags: - sorbonne - philosophie - philosophie-générale semestre: 2 --- ## A. Où trouver la vérité Le vrai et le faux sont-ils dans les choses elles-mêmes ou dans les énoncés ? > [!info] Comment distinguer un saint d'une commune ? > Un saint ne commence jamais par une majuscule et il n'y a pas de tiret, à l'inverse d'une commune ! > - saint Augustin est un saint > - Saint-Augustin est une commune > > On n'est pas obligé de mettre "saint" devant le nom d'un saint Augustin, _Soliloques_ |> *Soliloque* est un néologisme signifiant discussion avec soi-même |> est un dialogue entre Augustin et sa raison |> est au IVe siècle |> se questionne sur la possibilité de connaître Dieu et l'âme est-elle immortelle |> essaye de définir le vrai et le faux (dans Livre II) -> très long détoure par la définition du faux, ce qui est très difficile à mener |> opère des mises à l'épreuve sur les différentes définitions **cours à rattraper** Un vrai comédien est une personne qui ne s'identifie pas à la chose qu'il joue |> une chose vraie de ce type est donc fausse -> est le même principe pour l'art (peinture est meilleure quand elle n'est pas la chose qu'elle imite) => définit le faux chez Augustin Faux provoque une crainte chez le sujet |> tout propos pourrait être une représentation du chose vraie du même type que l'art ou la fiction |> on a aussi peur d'une personne qu'on appelle fausse (elle n'est pas sincère) -> mais comment bien les distinguer ? Le véritable vrai sont dans les disciplines (scientifiques) |> la dialectique (lul) et la grammaire (lul) |> elle mobilise un savoir, sont garantes du vrai car *disciplina* trie son nom de *discere* (savoir) |> elles définissent, distinguent et classifient -> comment s'assurer que ce travail a été fait correctement ; c'est la méthode qui s'assure qu'on dit le vrai -> la dialectique permet de vérifier que tout est bon (est la science s'intéressant aux règles pour définir, distinguer) car elle est formelle |> la vérité s'atteste elle-même car elle est distincte du faux et est "les choses qui sont dites vraies" Mais qu'est-ce que le faux ? |> le faux est imitation du vrai |> imitation apparaît comme ce qui est différent du vrai |> imitation doit forcément imiter quelque chose de possible -> ce qui est impossible n'est ni faux ni vrai, ce qui l'est c'est l'énoncé |> le faux est donc du côté de l'énoncé > [!tldr] Résumé du A > Plusieurs résultats intéressants : > - définition adéquate du faux comme étant imitation du vrai -> besoin que le vrai ne dépendent pas des choses mais des énoncés > - compliqué de définir le faux -> besoin de définir beaucoup de choses comme l'apparence, la semblance, la tromperie, le mensonge > - la véracité dépend donc de l'énoncé, l'agent peut donc intervenir pour juger > - l'agent est l'âme qui peut établir des énoncés vrais à l'aide de disciplines scientifiques Maintenant, on doit s'assurer de la véracité de l'énoncé et des sujets en lien - jusqu'à quel point, la véracité sont-elles dépendantes de l'énonciateur ou de son statut ? - quelle place faut-il accorder à l'interlocuteur ou au récepteur pour établir la vérité ? ## B. La parole efficace des maîtres de vérités, contre le dialogue réglé des savants Les deux questions se posent car la découverte n'est que rarement individuelle ou n'est que rarement scientifique |> nous sommes avant tout des auditeurs faisant confiance à des autorités de parole |> on accorde spontanément du crédit à des discours que nous n'examinons pas nous-même -> elles sont crédibles par le statut de la personne qui les prononce (« faire confiance ») |> comment être sûr qu'elles disent la vérité et que nous sommes capables de la recevoir ? -> est totalement opposé à l'établissement de la vérité au moyen de vérification de chacun des moments de notre discours et dans le cadre d'un dialogue ou d'une discussion La vérité s'indique-t-elle elle-même ? Ou dépend-elle de quelqu'un la faisant voire ? Ou dépend-elle de celui qui la profère ? Les « maîtres de vérité » vs les savants (ceux qui cherchent la vérité) |> maîtres de vérité = discours efficace produisant un effet |> savants = discours par et dans le dialogue, ouvert à la confrontation rationnelle « maîtres de vérité » (expression de Marcel Detienne, _Les Maîtres de vérité dans la Grèce archaïque_) |> vérité dans le sens mythique / religieux |> comment passe-t-on de cette vision à celle rationnelle ? |> on peut quand même voir cette figure dans certaines personnalités |-> les discours paraissent vrais car la personne le prononçant possède une force (like Trump) Figures de maîtres de vérité : - Aède (poète) diffuse les savoirs via la parole - Devin - Roi de justice (celui qui fait la loi, prononce la justice) -> elles délivrent un savoir résistant à l'oubli Parole du poète dépend la Muse (divinité) et de la Mémoire (toujours une divinité) |> elles détiennent le savoir qu'elles transmettent au poète |> le souvenir anticipe l'avenir ici et contient ce qui a été (toutes les dimensions temporels) |> Mémoire accède directement aux événements -> donc la parole du poète décrit la réalité véritable |> donc les poètes doivent décrire le divin Quelles vérités prononcent le roi ? |> roi ne cherche pas à restituer le passé via un examen critique |> est un rituel provenant des dieux -> le roi ne sert que de relais des dieux Ici, la vérité est un type de parole prononcée dans certaines conditions par un personne investi de pouvoir particuliers |> dépend donc de la personne |> parole est efficace réalisant une action -> est performative (poète montre les puissances invisibles, roi institue la justice) |> parole ne dépend pas du temps (présent gnomique, présent de vérité générale) |> ne cherche jamais l'assentiment du locuteur ou du groupe et n'attend pas de validation -> parole transcende les humains et est le privilège d'une fonction sociale |> peut être une illusion du réelle à cause de sa persuasion Pose problème car deux maîtres de vérité peuvent se contredire |> comment départager -> besoin d'aller au-delà du statut social Comment dépasser le statut social pour parler de discours de vérité ? Dialogue est un espace autonome recherchant l'accord des arguments et l'assentiment des interlocuteurs |> la perception des interlocuteurs devient importantes |> est indépendante du statut des personnes : tous sont égaux -> personne ne détient le privilège de dire la vérité et la vérité ne s'atteste plus de la même manière |> n'est plus quelque chose advenant quand on le prononce |> devient une découverte |> est plus objective La méthode du dialogue est exprimée par Socrate dans _Gorgias_ de Platon |> accord après examen fournit la preuve que la vérité a été atteinte (vision consensuelle) |> concordance ou confirmation du résultat par les interlocuteurs, puis résultat reproductible |> besoin d'avoir une éthique du dialogue -> besoin d'avoir une attitude vertueuse/morale Critique de l'*ad populum* |> nombre de personnes n'est pas un indice de vérités : ils peuvent quand même se tromper |> besoin de l'accord des interlocuteurs, surtout quand ils ne sont pas d'accord au départ Critique de l'*ad hominem* |> transforment le dialogue en dispute