--- tags: - sorbonne - philosophie - histoire-philosophie-antique semestre: 2 --- Écoulement sans aucune fixabilité = pensée d'Héraclite >Tout coule >On ne se beigne jamais deux fois dans le même fleuve Évanescence = ce qui est insaisissable > [!question] Comment peut-on dire que tout coule sans avoir de référentiel ? > Pour Cratyle, on ne se beigne pas une fois dans le même fleuve > |> le langage fixe ce dont on parle, donc il n'est pas compatible avec la pensée d'Héraclite => L'héraclitéisme ruine le savoir et le langage Platon, _Cratyle_, 438e et suite |> réfute la vision de Cratyle Platon, _Théétète_ (dispo sur moodle) |> lecture d'un dialogue mis par écrit |> dialogue entre Socrate, Théodore et Théétète (jeune) |> thème est "qu'est-ce que la science/le savoir ?" |> expose et réfute 3 définitions : savoir c'est la sensation, c'est l'opinion vraie, c'est l'opinion vraie avec du raisonnement On va se concentrer sur la première définition |> deux parties : exposer de la théorie et réfutation Si on considère que la sensation c'est le savoir, alors besoin de deux critères |> savoir est sur ce qui est |> savoir doit être stable et assuré (infaillible) ## Partie 1 du _Théétète_ Celui qui sait, sens qu'il sait Vérifie le premier critère : celui qui sent ne se trompe pas Comment vérifier le deuxième critère ? |> sa thèse ressemble à celle de Protagoras dans _La Vérité_ > [!quote] Protagoras, _La Vérité_ > L'Homme est la mesure de toute chose, de celles qui sont qui sont et de celles qui ne sont pas qui ne sont pas L'humain est la mesure des choses (comme le pouce, la coudé, etc) |> c'est donc comment l'humain ressent la chose qu'elle est Cette doctrine aboutit à une thèse sur la réalité **Doctrine de Théétète** Tout est en mouvement et tout est en devenir |> il y a un devenir universel et un mouvement producteur de toute chose -> ontologie mobiliste universel (rien n'échappe au mouvement) |> tout se meut, rien n'est immuable -> aucune chose ne possède d'essence et toute chose dépend de son apparition |> langage entraîne de la fixité là où il y a du changement |> il n'existe pas de pôle objectif |> couleur d'un objet n'existe qu'au moment où le mouvement de l'objet affecte le mouvement du sujet -> sensation de cette rencontre est infaillible -> épistémologie sensualiste relativiste => être est l'apparaître **Thèse de Protagoras** admet que tout le monde est également savant |> pas que les humains, aussi les animaux Mais comment défendre cette thèse relativiste ? |> savant est celui qui sait renverser les apparences mauvaises en une apparence bonne |> n'est pas le charlatant/bonimenteur |> sage peut produire une amélioration dans les perceptions du sujet Opinion n'est qu'une expression d'un sentiment Est impossible d'avoir un jugement et une sensation qui ne porte sur rien |> impossible d'avoir une opinion sur rien |> donc on exprime forcément sur du vrai |> ainsi, le faux n'existe pas -> tout est vrai Une disposition est meilleure si, et seulement si, elle apparaît comme meilleure Pour être savant toujours selon Protagoras, on doit être : - capable de produire des meilleures dispositions - jugé comme un savant si le sujet juge que l'on propose des dispositions meilleures ==> Thèse de Protagoras valide la vision de Théètète #### Réfutation de cette thèse **1- Doctrine de Protagoras** 1. défendre le relativisme c'est s'auto-réfuter 2. doctrine de l'homme mesure cesse de fonctionner sur les jugements concernant le futur Nul ne peut se tromper sur rien (relativisme et homme mesure) |> tout le monde reconnait ou possède la croyance selon laquelle les hommes sont ignorants, qu'ils se trompent et qu'il y a des jugements faux |> soit il y a des jugements faux, soit les gens se trompent et donc ils ont des jugements faux -> contradiction logique impossible avec la doctrine (Ou si tout le monde est contre lui, alors il s'auto-réfute) => Il n'est pas vrai que ce qui apparaît à quelqu'un est ce qu'il est dans tous les cas |> il existe au moins un domaine où l'objectivité n'est pas réduite à la perception des choses -> la deuxième étape parle de ce domaine > [!NOTE] Auto-réfutation du relativisme > Le relativisme a toujours besoin que « toutes les vérités sont relatives » est vraie > |> se réfute automatiquement car la proposition initiale a besoin d'être vraie et donc d'être non relative Le relativisme ne tient pas sur ce qui est avantageux, bénéfique ou utile |> ces jugements sont tournés vers l'avenir = on sous entend toujours qu'il aura son avantage à l'avenir |> besoin d'anticiper les conséquences probables |> les conditions de vérité des jugements sur l'avenir ont besoin d'être objectifs et non relatifs |> admettons qu'aujourd'hui il semble que demain sera X, si on est relativiste, alors "demain sera X" est vrai pour moi aujourd'hui, si un sage contredit ma prédiction, alors il y a une contradiction -> la vérité n'est donc pas relative à *une* perception concernant les jugements sur l'avenir Mais Protagoras fonctionne-t-il pour le présent ? |> le jugement que l'on fait identifie l'instantané un objet Le jugement ne fait exprimer que ce que j'ai senti -> est donc exact |> garantie que les choses sont pour chaque sujet percevant exactement telles qu'il les perçoit |> les choses sont pour chaque sujet percevant ce qu'ils jugent -> est adéquat En acceptant cette doctrine, on ne peut rien affirmer de positif |> on ne peut décrire que les choses en étant ce qu'elles ne sont pas Il n'existe pas de base objective vu que tout bouge (sinon le jugement serait vrai plus longtemps) |> donc aucun jugement ne peut être faux |> impossible de faire un jugement car tous les énoncés apparaissent comme aussi vrai / aussi faux (peut être que la chose a changé) -> la chose n'est même pas ce que je pense Donc, le langage devient inutile et la connaissance ne peut être le savoir (sauf si le savoir est privé) |> le savoir ne serait que sensoriel -> impossible à exprimer dans la pensée |> donc le savoir est impossible **2- Réfutation par Théétète** Les organes sont des outils permettant à l'âme de percevoir |> l'âme est le centre unitaire de la perception et qui les coordonne |> on peut distinguer deux sens (distinguer couleur et son) |> on est aussi capable de voir quelque chose de commun à la sensation de voir et entendre -> on dépasse les sens |> les propriétés communes ne sont pas perçues par les sens, mais par quelque chose d'autre |-> c'est l'âme grâce à sa pensée Si la sensation ne peut pas saisir l'être, elle ne peut pas atteindre la vérité |> atteindre la vérité est nécessaire pour le savoir -> sentir n'est pas savoir et le savoir ne dépend pas de la sensation |> besoin de porter des jugements abstraits ou généraux, sont ceux d'une âme pensante --- La sensation ne suffit pas pour avoir accès à la connaissance |> nous n'avons accès qu'à des qualités sensibles La réalité ne se réduit pas au domaine sensible |> il existe le domaine des caractéristiques formelles par exemple Platon, _Phédon_ = thème est la mort de Socrate |> l'âme est-elle immortelle ? Socrate font partie de la différence entre l'âme et le corps |> le corps est un obstacle à la pensée -> les sens empêchent la pensée rationnelle |> car il n'y a pas d'exactitude et de clarté via le corps, donc pas de vérité -> un savoir est précis et est clair (NDLR, ressemble beaucoup à Descartes) Quel est l'objet du savoir ? |> le juste, le beau, le bon (on appelle ça des valeurs) |> la force, la santé... L'essence de X = le X en soi |> peuvent être compris à l'aide de leur contraire |> en soi est indépendant de la relativité |> essence n'est pas l'accident (ce qui est présent et ne la définit pas) -> permet de définir une multitude de chose en même temps |> cet objet n'est jamais vu Ces choses en soi sont les Idées/Formes -> sont les objets de la connaissance Comment peut-on connaître quoi que ce soit tant que le corps existe ? |> comment passer du sensible aux essences ? S'il n'y a pas de connaissance possible -> sceptique On peut accepter une connaissance approximative (qui est probable) On peut connaître véritablement par la pensée seule |> comment est-il possible d'activer sa pensée seule sans tenir compte de notre relation au sensible ? -> double obstacle du corps (se détacher du sensible et nous n'avons pas accès à autre chose que les corps) Pour accéder à la vérité, on doit mourir |> l'âme est débarrassé du corps -> n'est pas retenu car pose *quelques* problèmes |> rien ne nous assure l'immortalité de l'âme |> si l'âme est immortel, rien nous assure qu'elle peut penser après la mort Deuxième option : et si l'âme n'a pas existé avant l'incarnation du corps ? |> apprendre c'est se rappeler |> ne consiste pas dans l'acquisition d'un nouveau savoir mais dans la réminiscence ->savoir acquis avant mais oublier |> personne ne confond un homme et une lyre, mais on peut associer une lyre à un homme (association d'idée provoque chez nous un souvenir absent) |> existe aussi avec proximité spatiale ou temporel, par ressemblance, etc. (cf Hume) -> on peut donc passer d'un mode d'appréciation à un autre <|OvO|> <--- ceci est un wazo Quand à partir de la perception d'un objet, on se souvient à un objet semblable, on ne peut s'empêcher de penser qu'il manque quelque chose à l'objet évocateur |> pour constater que deux choses sont égales, on a besoin du concept d'égalité |> les choses constatées comme égales n'apparaissent pas forcément comme telles |> égalité est relative à un paramètre contingent -> est imparfaite |> on le sait car on sait ce qu'est qu'une égalité (ou une intuition) |> cette possession ne peut pas s'être produite par la sensation -> on possède une idée de l'ordre de l'intelligible Corps et les sens, même s'il ne nous donne pas accès à l'essence, ils ne sont pas incompatibles à l'activité de pensée |> donnent l'occasion à la pensée de mener une activité de pensée tournée vers la connaissance des essences -> sensible est imparfait et constatation implique la connaissance de la perfection qu'il lui manque, mais aussi des valeurs Sensation / pensée |> sensation est imparfaite, joue le rôle de copie |> pensée est parfaite, joue le rôle de modèle -> en prenant conscience de la contingence du sensible, on accède au domaine supérieur